Mines
Le Che est venu parait-il prendre des leçons sur l’organisation sociale exemplaire des mines de cuivre de Chuquimata au Chili. Ruche minière de 20 000 personnes, ce coron moderne abritait logements gratuits, écoles, hôpitaux ultra-modernes, cinéma et théâtres, librairies et débits de boisson. Paternalisme social, tout y était fait pour que l’ouvrier et sa famille vivent dans un minimum de confort et de dignité.
Aujourd’hui, la ville n’est plus, avalée par la mine qui s’étend. Les ouvriers sont remplacés par un essaim de machines, toutes plus surdimensionnées les unes que les autres. Quelques chiffres dans ce monde de géants: la mine à ciel ouvert mesure 4.7km de long sur 3km de large, profondeur de 1km. Les camions, dont les roues mesurent 4 mètres de diamètre et dont les pneus valent la bagatelle de 25 000 euros l’unité, transportent 400 tonnes de gravats à chaque voyage, et ce 24 heures sur 24…
De l’autre coté de la frontière, la Bolivie. La ville de Potosi, 4005 mètres d’altitude, s’est construite autour de l’extraction d’argent. Fortune facile pour un empire espagnol qui pilla un pays en massacrant des millions d’indiens et d’esclaves africains.
L’enfer existe toujours. Au fond de ces boyaux étroits qui plongent dans la terre, les mineurs rampent, attaquent la roche à la barre à mine, poussent, cassés en deux, des chariots vétustes sur des rails qui n’en sont plus. L’atmosphère est suffocante, insoutenable: chaleur, poussière, altitude, un cocktail de forçat. Seuls la coca, l’alcool à 96° et le “Tío” (diable de la mine) les aident à tenir… pour 100 euros par mois, des gamins rentrent dès 13 ans dans la mine et en ressortiront les pieds devants quelques courtes années plus tard.
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